GESTE D’IDENTITES
Qu’est-ce que l’identité ? Qui est l’identité ? Identité collective ? Identité individuelle ? Ou celle qui pousse à la recherche d’un sens, du sens ? Oui, c’est l’identité signifiante que « je » cherche. En moi, en l’autre. Au milieu ? Entre ? Centre ? Il est de la peur quand on parle d’identité. Cette peur viendrait-elle de la reconnaissance, ou plutôt de la connaissance de sa propre identité ? Ai-je si peur de moi-même que je cherche à me diluer dans le groupe ? Collectivité, famille, nation… Ai-je si peur de me voir, de m’apercevoir dans l’étranger - dans l’étrangeté-, ai-je si peur de m’y reconnaître, par l’effet d’un effrayant miroir ? Est-ce ma perte si je me vois dans celui dont les formes sont celles de la misère ou du dénuement ? Ces formes qui m’incommodent, m’indisposent, m’exaspèrent, me révulsent… Les formes de l’apparente différence… L’Association Carraldo propose, dans cette perspective, une triple illustration de l’idée d’identité. PASOLINI ET L’ IDENTITE’ Le poète, fils de l’Émilie-Romagne et du Frioul a, son œuvre durant, réfléchi longuement au thème de l’identité. N’est-ce pas le propos de la poésie elle-même ? Il a dit la multiplicité de sa propre identité d’artiste et d’homme, d’homosexuel catholique, de catholique homosexuel. Il a montré l’identité des pauvres, celle des migrants, similaires mais non identiques. Il a écrit aussi l’identité nationale, l’unité peut-être finalement. Dans le poème « Prophétie », écrit dans les années soixante, et dédié à Jean-Paul SARTRE qui avait évoqué avec lui Ali aux yeux bleus, ce personnage, belle métaphore de la mixité, ne peut aujourd’hui que ressurgir dans la force de son actualité. Ce texte nous a paru se justifier presque de lui-même dans l’évidence de ses résonances passées, présentes et à venir. Hier, comme aujourd’hui, c’est dans l’échange que l’identité peut s’affirmer et perdurer. Non dans l’échange du commerce global et des attitudes consuméristes mais celui du lien humain, humaniste. C’est bien le propos de notre Association. Ce message sera transmis au cours de la soirée à travers la parole poétique pasolinienne mais aussi à travers les corps, les mots, la musique, la voix et le regard de différents intervenants. Leonardo BENAZZI pour les musiques originales. Giuseppe FRANCHELLUCCI violoncelleGabriele BARTEZZATI percussionsMartina BENAZZI, conceptrice du projet et auteure des textes au programme.Clelia CICERO qui donnera corps et voix à ces textes. Le photographe Pietro CHIAPPONI à la mise en image photographique dans l’exposition « Lignes d’identité ». Cette exposition et toute cette soirée proposent de voir, de lire et d’écouter l’identité entre les lignes. Non des lignes de fuite, non des lignes de démarcation mais des lignes de convergence, des lignes de vie.Le dimanche 21 mars 2010 La Bellevilloise 21, rue Boyer 75020 ParisEntrée libreHoraire non communiqué
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